L' Ordre teutonique

Ordre de Sainte Marie des Allemands

 

C’est au cours de la 3e croisade et durant le siège de saint Jean d’Acre que des bourgeois de Brême et de Lubeck soucieux d’assurer la sécurité et les soins des pèlerins, formèrent une confrérie sous tutelle Teutonne. De nombreux nobles Allemands décidèrent d’en faire un ordre de Chevalerie à l’image des Templiers. L’ordre Teutonique venait de naître. Il fut approuvé par le Pape Célestin III dans sa Bulle « Sacrosancta Romana » du 19 février 1199 et les Chevaliers firent les trois vœux. Deux spécificités différencient l’Ordre Teutonique à celui des Templiers et des Hospitaliers: d’une part il  se spécialisa dans la sécurité et les soins des pèlerins Allemands et d’autre part il devenait conquérant c’est à dire que tout ce qu’il parvenait à gagner par le prix du sang lui revenait de droit.   

Entre 1230 et 1283, les Chevaliers Teutonique firent des croisades dans les pays du Nord et de l’Est de l’Europe encore païen. C’est durant ces conquêtes qu’ils fusionnèrent avec l’Ordre des portes Glaives (en 1237).  Les nouveaux territoires conquis furent sous protectorat de l’Ordre pendant environ 200 ans.   

La Maison Mère fut à Saint Jean d’Acre jusqu’ à sa perte en 1291. L’Ordre réintégra ses territoires conquis en Europe après la chute des États Latins. Commence alors l’inévitable, ses possessions sont de plus en plus contestées et les guerres de plus en plus coûteuses pour l’Ordre. Il y eu le 15 juillet 1410 une terrible bataille à Tannenberg qui fit mettre l’Ordre à genoux. En 1466 elle perd définitivement la Prusse et en 1525 le reste de ses territoires dans l’Est l’obligeant à se retirer en Allemagne.

Napoléon dissout l’Ordre en 1809 et il  fallut attendre 1835 pour que l’Empereur Ferdinand 1e d’Autriche le rétabli. En 1923, l’ archiduc Eugène refusa d’assumer sa charge de Grand maître, elle fut donc donnée à l’ Évêque Norbert Jean Klein. En 1938 Hitler fait disparaître à son tour l’Ordre Teutonique qui réapparaît de nouveau en 1947. A partir de 1929 il devient un simple ordre religieux sous l’appellation « Frères de l’Ordre Allemand de Sainte Marie de Jérusalem ». Un Prélat en devient le grand maître et l’Ordre passa sous tutelle du Vatican.

L’Ordre assure de nos jours sa vocation première qui était d’aider et secourir les gens.      

 

La bataille de Grunwald Tannenberg :

En 1387 Ladislas II Jagellon, grand Duc de Lituanie, accède au trône de Pologne. La tension monte entre l’ordre Teutonique et Ladislas suite à de nombreuses escarmouches. En août 1409, le Grand maître Ulrich Von Jungingen déclare la guerre et les deux armées se mettent en route pour se retrouver à Grunwald en Pologne. D’un coté se trouve l’Ordre Teutonique avec le gros de ses troupes soit environ 32000 hommes très bien équipés et entraînés. De l’autre coté se trouve l’alliance Lituano-polonaise avec environ 50000 hommes comptant également dans ses rangs des Russes, des tartares, des moldaves et les bohèmes.

La bataille : Ladislas positionne ses troupes dans la forêt, à sa droite la cavalerie Lituanienne, à sa gauche ses autres alliers et en réserve, la cavalerie lourde Polonaise et de nombreuses unités. Il laisse les Teutoniques occuper le champ de bataille sous le soleil pendant plus de trois heures. Excédé par cette situation, Ulrich Von Jungingen envoie une délégation pour provoquer le roi. Celui-ci en profite pour déclancher son attaque.

Ce fut la cavalerie Lituanienne précédée par de l’infanterie qui sortent des bois et fondent sur l’artillerie Teutonne qui est emportée sans pouvoir être utile. Le grand Maître déclanche alors la charge de sa cavalerie lourde qui dévaste  les Lituaniens et les troupes à pieds. Une partie des Teutoniques tombèrent toutefois dans un guet-apens tenu par les Polonais cachés dans la forêt. C’est à ce moment que la grande Bannière des Polonais est capturée ce qui aurait valu la fin du combat, mais ceux-ci ne cèdent pas et opposent une résistance encore plus farouche. Les forces de l’alliance qui ne sont pas encore engagées s’organisent pour manœuvrer et encercler l’armée Teutonique. La cavalerie lourde Polonaise qui est restée jusque là inactive attaque par l’arrière et l’étau se referme sur les troupes de Von Jungingen. Il s’ensuit alors un véritable massacre, la cohésion des teutoniques n’est plus possible et les troupes de l’alliance sont en supériorité. Seulement 1400 Teutoniques sortent vivants de cette bataille et plus de 28000 y laissent la vie